Adrien Grelet - blog d'auteur

Critique Damocles² de Romain Visible

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Présentation

J'ai rencontré Romain au sein de l'association Litterart41 que j'ai rejoint en fin d'année dernière. Il m'a présenté son ouvrage comme un roman traitant de complotisme, et j'avoue que cela ne m'avait pas tellement excité au début.

Cependant, et après lecture, j'ai été plus que ravi, j'en parle donc ci dessous.

Je précise que c'est un avis honnête, pas de copinage avec Romain sur l'écriture de cette critique.

Synopsis

Notre héros n'a pas de nom, une existence presque anonyme au début de l'ouvrage. Son intelligence l'emmène à penser que le monde dans lequel il vit n'est qu'un vaste complot visant à contrôler les populations.

Au fil de ses réflexions, il découvre une organisation mondiale qui régit les humains, qui connait même pour ses membres toute leur vie à l'avance. Il décide donc de rejoindre cet organisation pour la détruire de l'intérieur. Du moins, c'est son objectif premier.

Que va t-il découvrir ? Comment sa vision du monde, du bien et du mal va évoluer avec tout ce qu'il va apprendre ?

Je n'ai pas envie de spoiler l'ouvrage et je vais volontairement rester dans cette présentation somme toute énigmatique.

Bilan

J'ai été un peu déboussolé au début par le style d'écriture très dépouillé, un peu clinique, avec pratiquement zéro description. On est dans l'apparent délire paranoïaque de notre héros qui est un peu imbu de lui même, qui n'est pas vraiment appréciable, même s'il a des valeurs dures comme de l'acier trempé.

Le personnage manque peut être un peu de profondeur. Il a rejoint un corps militaire dans le début de sa vie, et le livre ne reflète pas vraiment comment cela aurait pu le transfigurer, modifier son point de vue sur la société, ses propres doutes, voire des traumatismes hérités de son parcours.

Mais au fur et à mesure, le style évolue pour s'étoffer, dès lors que de l'action s'installe, que les péripéties arrivent. Le style est parfois brutal, à dessein.

J'aime les textes descriptifs, d'ailleurs mon ouvrage possède pas mal de descriptions. Là on a quasiment rien. C'est minimaliste et finalement c'est bien, ça nous met vraiment dans la tête du personnage, où tout est raconté à la première personne.

On est parfois perdu, on ne comprend pas tout ce qui veut être dit. Certains cheminements de pensées sont un peu brusques et rapides. Néanmoins la progression reste logique et les découvertes qu'il fait sur le monde nous entraînent au fil des pages.

Dès la moitié du livre, j'étais accroché et je l'ai fini d'une traite. C'est un livre assez court, mais porteur de pas mal de choses. Comme le style ne s'encombre pas de blabla inutile, même 128 pages nous apprennent beaucoup (si je l'avais écrit, j'aurai probablement fait 400 pages avec plus de contenu non pertinent, pour le confort, qui n'est pas nécessaire ici).

La fin, je dirai le dernier quart est un peu claqué, mais dans le bon sens. Les révélations vont bien au delà de ce qu'on aurait pu penser. C'est initiatique, philosophique, presque onirique, et assez poétique aussi.

Cela m'a beaucoup fait penser à du Barjavel, notamment dans Ravage avec le profil du héros qui n'est pas sans rappeler celui de Damocles² qui est à la fois élève, maître, guide, prophète, sage, assassin, père, amant, et aussi finalement ignorant.

De belles tournures de phrases, qui sont courtes et incisives. J'en ai une en tête qui revient mais il y en a de nombreuses autres :

"Je devais faire le mal pour faire le bien."

Des références à Matrix au travers de Alice au Pays des Merveilles, le terrier du lapin blanc. Une belle symbolique en somme et je suis sûr de ne pas avoir tout vu, évidemment.

Finalement ce n'est pas un livre sur le complotisme comme je le craignais un peu au début, mais un vrai récit initiatique.

Ce que j'ai aimé

Ce que j'ai moins aimé

Conclusion

Une très belle découverte, d'autant plus que j'ai l'occasion de parler avec Romain de son ouvrage. Je le recommande vivement ! C'est un format court donc facile à lire (dire qu'il est en train de finir Gingelys de son côté, ce n'est pas le même temps de lecture à investir !).

Romain m'a confié qu'il n'est lui même pas lecteur du tout à la base. Néanmoins il a sorti un ouvrage sérieux et captivant. Il n'y a pas de chemin pré-défini pour devenir auteur et c'est cela qui est beau.