Adrien Grelet - blog d'auteur

Critique de La Déjoueuse, de Gin et Gut

Source

Présentation

J'ai rencontré Gin et Gut lors du dernier salon de l'association Litterart41 dans laquelle je suis adhérent.

Nous avons échangé un exemplaire de Gingelys contre un exemplaire de La Déjoueuse dont la 4ème de couverture m'avait assez parlé.

Synopsis

Il s'agit d'un collé de la 4ème de couverture directement récupérée sur le site de l'éditeur :

Vénus ne connaissait pas Deauville. En longeant la plage, elle se dit que celle-ci n’avait rien à voir avec celle de Penmarc’h et encore moins avec celle de Coney Island. Évidemment, cette dernière comparaison était idiote. L’une, la version américaine, était populaire, sentait les flots de frites, l’écume de ketchup, les embruns de mayonnaise, le roulis des hotdogs débités au kilomètre. Le tout, au milieu d’une cohue assourdissante de fête foraine. L’iode marin avait été mis K.O. par les odeurs de friture. L’autre, très française, exhalait les parfums capiteux et chers des promeneuses. La discrétion de leurs conversations était censée faire son charme. Le bruit des talons sur les planches couvrait celui des vagues, repoussé au loin. La Manche offrait sa toile de fond à des jeux de séduction un peu surfaits. Vénus pensa qu’en réalité, il y avait bien un point commun entre les deux plages : on n’y venait pas vraiment pour se baigner.

Un nouveau personnage féminin fait son entrée dans le paysage romanesque contemporain. La Déjoueuse, c’est l’odyssée moderne d’une femme prénommée Vénus, depuis le Paris des années 80 jusqu’à la Suisse du XXIe siècle.

Avec acharnement, Vénus va tenter d’en finir avec ce qui l’entrave : son milieu, modeste, ses origines, scabreuses, ses addictions, funestes, et le fameux « carcan » de la Société...

La vie de Vénus, c’est la bataille contre la fatalité, contre ce qui est soi-disant écrit, contre l’orthodoxie dans toutes ses manifestations. Pour la Vie.

La Déjoueuse est l’histoire d’une femme rebelle aussi singulière qu’universelle ; un récit d’aventures souvent trépidant, rocambolesque parfois, enlevé toujours.

Bilan

J'ai beaucoup aimé le style d'écriture, dès le début. Clair et concis, des descriptions mais pas trop, on se crée une image mentale de notre héroïne qui a beaucoup de forces, mais aussi beaucoup de failles. Elle ne part pas forcément bien dans la vie, fait des mauvais choix, presque désastreux et pourtant, se tue elle même pour renaître et travailler sur une meilleure version d'elle même.

C'est très humain, sensible et j'ai cramé le bouquin en 3 soirées (je ne suis pas un lecteur très rapide, j'aime bien lire chaque mot, chaque phrase avec attention).

Cela m'a ramené assez à certaines réflexions dans Gingelys. C'est écrit par deux hommes, pour des questions de femme. Et pourtant, j'ai trouvé écho à plein de choses sensibles et subtiles dans l'écriture.

J'imaginais que j'allais trouver des différences de style entre les chapitres et non, pas vraiment.

On remarque cependant les choix d'intrigue et de détails en fonction des auteurs. J'ai pas mal parlé avec Gut, qui est antiquaire et donc forcément, tous les morceaux de texte où il est question de tableaux, d'oeuvres d'art, etc etc doivent être bien de la patte de Gut.

Une très belle lecture, une belle découverte, et encore plus pertinent après avoir discuté avec les auteurs.

Ce que j'ai aimé

Ce que j'ai moins aimé

Conclusion

Je recommande vivement cet ouvrage. C'est une lecture très agréable et on en vient à se poser des questions sur la place de cette femme forte dans le monde, de comment elle a pu tirer une force de ses mauvais choix. La Déjoueuse, oui, mais le titre aurait aussi pu être La Phoenix, car elle renait à chaque fois de ses cendres, pour une meilleure version d'elle même, quand bien même elle est amochée par la vie et ses épreuves.